Éli Kopter, Vol. 01- numéro 04

Le téléphone sonna ; allo, …, mais voyons, …, je ne crois pas, …, ils, …, je te dis qu’ils ne sont pas encore prêts pour prendre part à une telle mission, …, on court un grand risque, si on précipite les événements, j’ai peur de tout faire échouer. …, là tu marques un point, je les informe et je vois ce que je peux faire dans un si bref laps de temps, …, bye.

Je courus rejoindre Éli et Harry pour les informer des derniers développements. Éli sauta de joie. Mais voyons, tu veux vraiment nous envoyer dans la fausse aux lions ? Un psychiatre et ça presse... Viens-t-en Harry, suis-nous et cesse de te plaindre ! Sur ces dernières paroles d’Éli, Harry fut contraint de nous suivre.

Nous montâmes à bord de ma voiture. Nous venions de parcourir deux coins de rue, un silence régnait dans l’habitacle, le doute s’installa en moi. Ai-je bel et bien mes passagers ? Je me suis mis à leur faire la conversation, toujours ce mutisme. Je savais Éli capable d’un tel sang froid, mais pas Harry. Il fallait que je trouve le moyen de les faire causer.

Je décide donc d’exploiter la faiblesse d’Harry : Que dirais-tu d’une bonne pizza ? Garnie ? Croûte épaisse ? Toujours pas de réponse. Je fis donc demi-tour pour aller à leur recherche. Quel con je fais. Ils son invisibles, comment je vais faire pour les retrouver ? Rendu devant chez-moi, j’immobilise la voiture et je sors voir s’ils ne seraient pas dans les alentours tout en les appelant.

Les voisins me regardent un peu éberlués, ils me prennent pour un fou. Je pense qu’ils ont raison. Je ne suis tout de même pas pour leur demander ; avez-vous vu deux gars invisibles ? Il faut que je les retrouve au plus vite. Je fais le tour de la maison, j’entre à l’intérieur, parcours les pièces, toujours rien.

Je retourne à la voiture, regarde à l’intérieur, je ne vois pas âmes qui vivent. Bien sûr que je ne les vois pas. Idiot que je suis, j’ouvre la portière arrière et je tâte de la main, ils sont là à rire de moi. On t’a bien eu n’est-ce pas ? Oui vous m’avez eu, il faut qu’on s’accélère, nous avons assez perdu de temps comme çà.

Où allons-nous, demanda Éli ? Je vous conduis chez Ariane Sans-Souci. Chez qui, s’informa Harry ? Chez Ariane Sans-Souci, que je lui répondis. Ariane était une fille issue d’une union entre un invisible et une visible. Moi j’avais toujours pensé qu’il lui manquait un bras ; bien non elle a tous ses membres. Elle avait saisi un plateau de sa main gauche, l’invisible, et elle était venue me le porter. Il n’y avait plus de doute possible.

Salut, je te présente mes deux comparses, Éli Kopter et Harry Covert. Mais où sont-ils tes amis ? Comment où sont-ils ? Ils sont là, du moins je le crois. Le trio rit de bon cœur, sous le clin d’œil d’Éli, Ariane avait joué le jeu et feinté de ne pas voir mes compagnons.

Je vais devoir vous quitter, il ne faut pas trop que je traîne dans les parages, pour ne pas éveiller de soupçons. Ariane me souhaita bonne route et me conseilla d’être prudent. Elle me tendit sa main gauche, laquelle, à sa grande surprise, je saisis tout en la saluant...